fiction

Orgasme inerte

lundi 27 septembre 2004.
Orgasme inerte lundi 27 septembre 2004.
 
Quand on nomme une page, à fortiori plusieurs, on se doit de faire honneur à ce nom, et d’être relatif, référentiel, réel.

Cette page est destinée à être référencée, et ce faisant à générer des hits basés sur la pertinence ddu contenu, de son adéquation avec la notion même d’orgasme inerte.

Il m’est venu une histoire, vécu dans une de mes nombreuses vies, qui se trouve illustrer le concept ci-avant nommé de façon exemplaire, comme nous l’allons démontrer tout à l’heure.

On trouvera également cette libelle apres une recherche sur les termes "manuel de langage ampoulé et savant à l’usage du bloggueur analphabète" en anglais "Pedantic french crash-course for the alphabetically-challenged blogger".

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Premier hit pour "naked woman" dans google images

Lise m’a virtuellement dépucelé. J’avais certes connu l’amour charnel, un nombre suffisant de fois pour m’en vanter, mais ces tristes trempages de nouille, laborieux jusqu’au scolaire, furent invalidés, oubliés par ma rencontre avec elle. Je me doutais bien, en plein dans un processus d’apprentissage, ma foi semblables à bien d’autres, qu’il devait y avoir moyen de développer la chose, mais Lise m’a fait toucher du doigt, entre autres organes, l’ampleur du paysage qui s’ouvrait alors à mes sens endormis, juste à temps en plus, pour que ce fut légal.

Je passe rapidement sur ces douces années d’école, qu’il me suffise d’évoquer cette entorse, qu’elle se fit un jour sans s’en rendre compte, mais qui lui valu tout de même trois semaines de platre, lors d’une séance acrobatique dans un petit hotel charmant (ils ne nous ont pas facturé le lit, ni le rideau de douche, ni la petite coiffeuse de la chambre, ni la réparation de l’ascenseur) ; Lise était interdite de mezzannine, pour résumer.

Petite femme brune à la beauté subtile mais réelle, Lise semblait avoir développé un système d’attirance spécifique ; Elle ne plaisait qu’aux hommes qui lui plaisaient, s’habillait avec une recherche subtile, qui échappait facilement à un oeuil étranger : Des couleurs sombres, souvent, quelques accessoires tres ciblés, mais elle trahissait sa beauté au moindre examen attentif, le genre de choses qu’elle évitait, marchant vite et voyant bas, mais qui ne manque pas d’arriver dans la grande ville. 20 secondes et toutes les étoffes du monde, même ses lourds manteaux et ses chapeaux couvrants, ne cachaient plus son corps élancé, ses courbes si humaines qu’il était difficile de penser à quelqu’un d’autre en la regardant..

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Premier hit pour "seins" dans google images, incidemment, elle ressemble à Lise

Un cul superbe, tout en rondeurs rebondies, presqu’impossible à deviner au civil, de relativement petits seins également tout pommés, cette fille est faite pour la glisse.

Nos séances étaient au moins quotidiennes, ce qui tombait pile au moment où j’arrétais le sport, et ont donc été ma seule activité physique pendant cette année, qui fut pourtant bien agitée. Themes, déguisements, accessoires, situations, lieux, Lise voulait tout faire, tout éssayer, et faisait tourner tout son intéret, ses lectures, sa recherche de documentation, autour d’un seul sujet d’étude : Le sexe.

On a vécu une relation d’une grosse année, pleine comme un oeuf, deux étés au soleil et un hiver sous la couette, et tout s’est passé au mieux si on considère le rapport avenir/passé : Nous n’avions pas fait d’autre projet que celui de nous envoyer en l’air, ce qui fut fait. Cette séparation fur une des plus douces possibles. Elle me restait en tète plaisamment, sans jamais apparaître au mauvais moment, toujours là en image mentale quand j’en avais besoin. J’avais définitivement associé sa personne à la notion même de sexe, l’évoquant dés qu’il en était question, souvent pour railler in petto "éssaie encore, petite" mais pas seulement, c’eût été dommage, car l’expérience qu’elle m’avait passée comme un savoir millénaire m’avait servi à creuser plus avant, s’il l’expression m’est passée, mes investigations. Bref, merci Lise.

Au sortir de cette aventure, à 21 ans tout frais, j’entrais dans la vie avec un sérieux bagage.

Il est vain de dire que je ne l’oubliais pas.

Aussi quand des années plus tard, je croisais la belle dans les pages d’un magazine, j’entrepris la lecture de l’article d’autant plus vite qu’à ce moment précis de ma vie, je me sentais un peu seul. Et elle était seins-nus sur la photo. Egale à elle-même, elle était l’attraction centrale d’un dossier sur "les artistes du sexe" (sic) bidouillé par un plumitif tout excité, qui passait en revue, en suivant un fil rouge pas du tout évident, les peintres, plasticiens et autres performers du moment dont l’oeuvre pouvait susciter des pulsions érotiques (faire bander, ou mouiller, n’oubliez pas l’objet de ce texte). Lise ayant monté une installation de bandes vidéos et autres DVD, où elle se faisait enfiler de multiples façons, le tout sonorisé tout en souffles, gémissements et invectives subliminales, elle était en bonne place dans ce panégyrique rebondissant.

Juste pour mémoire, il y avait là l’inévitable Tom of holland, Irit Rabinowits, Tom Asad mais rien de terrible dans l’ensemble, l’oeuvre de Lise restant loin devant en terme de phantasmatique bandatoire. Google that bitch, cria une voix dans ma tète. Je la trouvais rapidement, le domaine de son site portant son nom, elle était en tète des résultats. Dés la page d’accueil un "contact me" me submergea d’images mentales de nerds de tous pays l’emailant pour lui proposer la botte, une autre confirmation de l’apport d’internet dans les rapports humains. Acré bon Guieu d’fumelle !

Oh, pX, je voulais justement t’écrire ! Répond-elle en une unique ligne exclamative, à mon petit mot poli de reprise de contact, qui restait tout propre et n’embrassait même pas.

Ah oui, lui reply-je, et pour quoi donc me demander ? Conscient de la naïveté du procédé, mais après tout, je n’avais rien de précis en tète, juste cette petite bosse au pantalon...

C’est d’un coup de fil qu’elle a répondu à celle-la, je crois qu’elle a appellé un ami pour avoir mon nouveau n° de GSM, et de but en blanc, comme je décrochais "pX, j’écoute", elle me répond : Pour te parler de mon nouveau projet de performance, Orgasme Inerte. Yadaa, il faut qu’on s’envoie en l’air ? Direct, comme ça, Lise, tu me proposes la botte ? T’es amoureuse ?

T’es con, tiens ça j’avais oublié, allez. Bon note mes coordonnées, on va faire les répétitions chez moi. Les répé.. Oui, il y aura deux répètes. Tu fais quoi jeudi soir ? Jeudi soir je peux pas. Par contre j’ai le week-end de libre.

Huit ans. C’est elle qui a fait les comptes. Comme j’arrive chez elle muni du kit du gentleman, fleurs et champagne, je me demande si ça va marcher, son truc, apres tout, je n’ai baisé personne récemment, en tout cas rien d’athlétique, et j’ai idée que la belle attend de moi de l’exeptionnel. Ce genre de pression est juste ce qu’il me faut pour débander, mais elle doit le savoir, je lui fait confiance. Ne m’a-t-elle pas écrit dans son dernier mail "et oublie le Viagra, tous ces trucs, viens comme ça" ? Je monte ses escaliers en fredonnant "come as you are".

J’approche de sa porte, "tu reconnaîtra l’étiquette rouge" d’où s’échappent des sons orientalisants, tiens, je me souviens de ce disque. Pourtant versé dans la musique de blancs, j’ai fini par associer immanquablement ce disque à l’érotisme lourd et capiteux des week-ends entiers de coucheries alanguies. C’est l’intro de la scene du bar. C’est la B.O. d’"Erotica" d’A. Egoyan. Je sens du doux, peut-être bien du thé fumé... Je sonne, et j’ai juste le temps de prendre note de cette envie soudaine qui me submerge doucement les jambes, qu’elle ouvre comme si elle attendait derriere, elle est presque nue, elle porte ce caraco de soie blanchâtre qui m’a toujours excité, systématiquement, limite arc-réflèxe, elle n’a décidément pris aucun risque. On ne va pas se parler tout de suite.

Elle avait du prévoir de me prendre doucement par la main, car elle l’a avancé d’un geste plutôt sur, mais je ne me sentais pas de m’installer confortablement dans les cases de ses prévisions. Ca n’a pas marché. Délicieux échec. Je devinais sa chatte, sombre sous les plis clairs, je bandais déjà tres dur, j’ai eu envie de vérifier si elle aussi, et en avançant pour la rejoindre au fond de son entrée bourgeoise tapissée de Boukharas, fermé au reste de l’appart par de lourdes portes aux vitres presque opaques, j’ai laissé ma main partir vers son entrejambe, comme le reste de mon corps s’avançait vers elle, et je me suis retrouvé à l’embrasser dans le cou en la soulevant par la taille, elle a déroulé ses longues jambes autour de la mienne, et nous somme allés ainsi jusqu’à sa chambre, moi je voulais prendre la premiere porte, mais elle m’a fait comprendre sans se décoller d’un pouce de moi qu’elle entendait continuer dans le couloir, vers une autre destination.

A suivre (demain. mercredi)